Un mardi de juin, fin de séance. Une cliente range son tapis et me lâche : « Mon fils veut faire le Vélotour, mais je lui ai dit que je n'étais pas assez sportive pour ça. » Elle venait d'enchaîner quarante minutes de renforcement sans broncher.
Ce malentendu, je l'entends chaque année à la même période. Alors mettons les choses au clair tout de suite : le Vélotour n'est pas une course. Pas de chrono, pas de classement, pas de sas de départ avec des types en cuissard qui te toisent. C'est une déambulation urbaine à vélo. Et c'est exactement ce qui la rend intéressante.
Ce qui est confirmé pour l'édition 2026
Informations relevées en août 2026 sur le site officiel de l'organisateur et dans la presse locale dijonnaise. Les détails bougent d'une semaine à l'autre : avant de bloquer ton dimanche, va vérifier sur velotour.fr. L'organisateur est le seul juge de paix.
- Date : dimanche 13 septembre 2026.
- Village départ-arrivée : le parc du Château de Pouilly, au nord de Dijon.
- Parcours : entre 15 et 25 km au nord de la ville, avec une dizaine de lieux d'exception ouverts spécialement, dont certains sont habituellement interdits aux vélos.
- Départs : quatre créneaux horaires, échelonnés dans la matinée entre 8h et 12h. Le créneau se choisit au moment de l'inscription.
- Durée annoncée : deux à quatre heures, arrêts compris.
- Tarifs : à partir de 13 € pour un adulte, à partir de 5 € pour un enfant de moins de 12 ans. Le prix grimpe au fur et à mesure que les créneaux se remplissent — la presse locale évoquait des fourchettes allant jusqu'à 20 € (adulte) et 10 € (enfant).
- Vélos acceptés : ville, VTT, gravel, cargo, électrique. Tout passe.
- Casque : obligatoire pour les moins de 12 ans, fortement conseillé pour tout le monde.
- Âge : aucun minimum. Les enfants peuvent être en charrette, sur porte-bagage, ou sur leur propre vélo s'ils savent pédaler.
Quelques étapes ont été dévoilées en juin : La Vapeur, une caserne de pompiers, le parc des expositions et congrès, les jardins du Département de la Côte-d'Or, la Banque alimentaire. Le reste du tracé, l'organisateur le garde sous le coude. C'est la moitié du plaisir.
Un point de vocabulaire, parce que je vois l'erreur partout, y compris dans des articles sérieux : 2026 marque les 20 ans du Vélotour, pas la 20e édition dijonnaise. Le concept est né à Dijon en 2006 avant de s'exporter dans d'autres villes françaises. Pour Dijon, c'est la 19e fois que l'événement se tient. Anniversaire, oui. Vingtième édition locale, non. Si tu lis le contraire quelque part, tu sauras.
Dernière précision honnête : je n'ai trouvé, en août 2026, aucune annonce officielle indiquant que l'événement serait complet. Ça ne signifie pas qu'il reste des places au moment où tu lis ces lignes. Les créneaux partent, et le tarif monte avec le remplissage.

À qui ça s'adresse vraiment
À peu près à tout le monde, sauf peut-être à celui qui cherche une séance d'entraînement.
Les familles, d'abord. C'est le seul événement dijonnais où un gamin de six ans, sa mère qui n'a pas touché un vélo depuis la fac, et le grand-père sur son électrique peuvent avancer ensemble sans que personne ne se sente à la traîne. Le rythme réel, c'est celui d'une visite guidée : on roule dix minutes, on s'arrête, on regarde l'intérieur d'un hangar où on n'entrera jamais plus, on redémarre.
Les gens qui ne font pas de sport, ensuite. Et c'est là que ça devient malin. Le Vélotour ne demande aucune préparation, ne met personne en échec, et ne produit aucune de ces humiliations discrètes qui dégoûtent définitivement les débutants — se faire doubler, arriver dernier, abandonner devant témoins. Tu ne peux pas rater un Vélotour. Le seul scénario d'échec, c'est de crever, et il y a des réparateurs au départ, à l'arrivée et à mi-parcours.
Les curieux, enfin. Rouler dans un bâtiment public, traverser une caserne, passer sous un parking couvert : ça change complètement le rapport à sa propre ville. Beaucoup de mes clients redécouvrent des quartiers qu'ils traversent en voiture depuis quinze ans sans jamais les regarder.
Le meilleur sport pour quelqu'un qui n'en fait pas, c'est celui qu'il ne perçoit pas comme du sport.
Le check matériel : dix minutes la veille, zéro galère le dimanche
C'est là que je vois passer les vraies erreurs. Pas dans les jambes : dans le vélo. Un engin sorti de la cave après trois ans de sommeil, c'est une crevaison programmée et des freins qui ne freinent pas.
Les pneus. Regarde le flanc du pneu : la pression recommandée y est écrite, en bars ou en PSI. Gonfle dans le haut de la fourchette pour du roulage urbain. Un pneu sous-gonflé, c'est de la fatigue en plus et un risque de pincement à chaque bordure. Vérifie aussi qu'il n'y a pas de fissures sur la gomme — un pneu craquelé, ça lâche.
Les freins. Tu serres les deux leviers à fond, tu pousses le vélo : il ne doit pas avancer. Si le levier touche le guidon, c'est trop lâche. Sur des freins à patins, regarde l'usure : si les rainures ont disparu, change-les. Trois heures de balade avec des arrêts toutes les dix minutes, ça sollicite les freins bien plus qu'un trajet domicile-travail.
La chaîne. Un coup de dégraissant, un point de lubrifiant par maillon, on essuie l'excédent. Une chaîne sèche qui grince pendant 20 km, c'est un supplice sonore pour toi et pour les cent personnes autour.
La selle. Le réglage que 90 % des gens ignorent, et qui explique 90 % des douleurs du lendemain. Assis, talon sur la pédale en position basse, ta jambe doit être quasiment tendue. Trop bas, tu détruis tes genoux ; trop haut, tu bascules le bassin et tu finis avec les lombaires en vrac. Fais le réglage la veille et roule dix minutes pour valider.
Le sac. Une gourde d'au moins 500 ml par personne (un gobelet est fourni dans le pack participant, mais tu ne vas pas t'arrêter à chaque fontaine), une chambre à air de rechange et des démonte-pneus, un coupe-vent — septembre en Bourgogne peut te surprendre à 8h du matin —, de la crème solaire, et de quoi grignoter pour les enfants. Le pack participant, avec la plaque de cadre et le plan du parcours, se retire la veille ou le matin même. Prends-le la veille : tu t'épargnes la file d'attente.
Ce qu'une sortie de 20 km à faible intensité apporte réellement
Maintenant, la casquette de coach.
Vingt kilomètres à allure de promenade, c'est du travail en endurance fondamentale : cette zone où tu peux tenir une conversation complète sans être essoufflé. Ce n'est pas glamour, ça ne fait pas transpirer beaucoup, et c'est pourtant la base sur laquelle tout le reste se construit. Le cœur travaille en volume, la circulation s'améliore, et le corps réapprend à produire de l'effort pendant deux ou trois heures — une capacité qu'on perd très vite quand on ne l'utilise plus.
Le deuxième avantage est mécanique. Le vélo est porté : ton poids repose sur la selle, pas sur tes articulations. Là où deux heures de marche rapide écrasent tes genoux et tes chevilles à chaque appui, deux heures de vélo produisent un mouvement circulaire sans impact. Pour quelqu'un en surpoids, en reprise après blessure, ou qui a simplement 55 ans et des genoux fatigués, c'est la porte d'entrée la moins traumatisante qui existe.
Le troisième avantage, c'est psychologique, et c'est le plus sous-estimé. Une personne sédentaire qui vient de rouler 20 km ne se voit plus tout à fait de la même façon le lundi matin. Cette bascule identitaire — passer de « je ne fais pas de sport » à « j'ai fait ça » — vaut tous les programmes du monde. C'est le même mécanisme que je vois chez les gens qui se mettent à la course : le premier parcours de running dijonnais bouclé sans marcher change davantage la tête que les jambes.
Sois honnête : ça ne remplace pas un entraînement
Je ne vais pas te vendre l'inverse. Trois heures de Vélotour ne sont pas trois heures d'entraînement.
L'intensité est trop faible et surtout trop fragmentée. Tu roules dix minutes, tu poses le pied, tu attends que le groupe passe, tu repars. Le corps ne reçoit jamais de stimulus assez long ni assez soutenu pour déclencher une adaptation. Il n'y a pas de progressivité, pas de charge, pas de répétition d'une semaine sur l'autre — les trois ingrédients qui font qu'un corps change.
Concrètement : le Vélotour ne te fera pas perdre de poids, ne construira pas de muscle, et n'améliorera pas ta VO2 max. Il fera passer un excellent dimanche, entretiendra une base d'endurance, et lancera peut-être quelque chose. C'est déjà énorme. Mais si tu le comptabilises comme « ma séance de la semaine », tu te racontes une histoire.

Les six semaines qui suivent, si tu y as pris goût
Voilà le protocole que je donne aux clients qui rentrent du Vélotour avec l'envie d'enchaîner. Vélo ou marche rapide, peu importe le support.
Semaines 1 et 2 — deux sorties de 45 minutes à allure conversation, plus une séance de renforcement de 30 minutes (gainage, squats au poids du corps, fentes). L'objectif ici n'est pas la performance : c'est de créer deux créneaux fixes dans ton agenda et de ne pas les rater.
Semaines 3 et 4 — on garde les deux sorties, mais dans l'une des deux, tu insères 5 × 2 minutes à une allure où parler devient difficile, avec 3 minutes de récupération entre chaque. C'est le premier vrai stimulus. On monte à deux séances de renforcement.
Semaines 5 et 6 — une sortie longue de 1h30 le week-end, une sortie avec 6 × 3 minutes soutenues en semaine, deux séances de renforcement. À ce stade, tu n'es plus quelqu'un qui a fait le Vélotour : tu es quelqu'un qui s'entraîne.
Si tu veux transformer l'essai sans tâtonner, c'est exactement le genre de progression que je construis avec un accompagnement personnalisé à Dijon, au Fitness Park des Bourroches ou en extérieur. La séance en présentiel est à 40 €, le pack de 5 à 180 €, celui de 10 à 320 €. Pour ceux qui préfèrent gérer à distance, le coaching en ligne démarre à 70 €/mois et une session visio d'une heure est à 49 €.
Et si le vélo t'a donné envie de tester tes jambes autrement, la course à pied est la suite logique : le passage du vélo à la course sans se blesser demande de la prudence sur les impacts, mais la base cardio, tu l'as déjà.
Bloque ton créneau maintenant, pas en septembre
Le 13 septembre, entre 8h et 12h, cinq mille personnes vont traverser des endroits de Dijon qu'elles ne reverront jamais. Certaines ressortiront de là en se disant que c'était sympa, et retourneront au canapé le dimanche suivant. D'autres se rendront compte qu'elles viennent de rouler trois heures sans mourir, et se demanderont ce qu'elles pourraient faire d'autre.
La différence entre les deux ne se joue pas pendant la balade. Elle se joue le lundi suivant.
Va réserver ton créneau sur velotour.fr avant que le tarif ne grimpe encore, sors ton vélo de la cave ce week-end pour le check en dix minutes, et repère les autres rendez-vous sportifs dijonnais de la saison pendant que tu y es. Le plus dur, c'est de mettre le premier truc dans l'agenda.



