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Objectif marathon : comment j'ai accompagné un débutant jusqu'à la ligne
Témoignages & Résultats

Objectif marathon : comment j'ai accompagné un débutant jusqu'à la ligne

De zéro kilomètre à 42,195 km : découvre comment j'ai accompagné Romain, coureur débutant, jusqu'à son premier marathon. Méthode, préparation et émotions d'un défi hors du commun.

Par Lucas Bartezak6 min de lecture

Objectif marathon : 42 km de dépassement de soi

Quand Romain m'a annoncé qu'il voulait courir un marathon, j'ai d'abord vérifié qu'il ne plaisantait pas. À 36 ans, il courait à peine 3 km sans s'arrêter. Son objectif : le Marathon de Lyon, dans 10 mois.

Beaucoup de coachs auraient dit « commence par un 10 km ». Moi, j'ai vu dans ses yeux cette flamme qui ne trompe pas. On allait le faire — mais on allait le faire intelligemment.

Le point de départ : un bilan sans complaisance

Avant de parler de plan d'entraînement, j'ai besoin de savoir exactement où en est la personne que j'accompagne. Avec Romain, le bilan initial était clair :

  • VMA estimée : 10 km/h (très modeste)
  • Endurance : 15-20 minutes de course continue maximum
  • Historique sportif : football en club jusqu'à 20 ans, puis plus rien pendant 16 ans
  • Poids : 87 kg pour 1m82 (léger surpoids)
  • Points forts : motivation énorme, emploi du temps flexible, pas de blessure connue

« Tout le monde me disait que c'était impossible en partant de mon niveau. C'est exactement pour ça que je voulais le faire. » — Romain

Phase 1 : Construire les fondations (mois 1 à 3)

La plus grande erreur des débutants en course à pied, c'est de vouloir courir trop vite, trop longtemps, trop tôt. Avec Romain, on a pris le temps de construire des fondations solides.

Le programme des 3 premiers mois

  • 3 sorties par semaine : jamais deux jours consécutifs
  • Méthode fractionné marche/course : alterner 3 min de course et 2 min de marche, puis progresser
  • 1 séance de renforcement musculaire : indispensable pour prévenir les blessures
  • 1 séance de mobilité/étirements : souplesse des hanches, chevilles, mollets

Les objectifs intermédiaires

  • Fin du mois 1 : courir 20 minutes sans marcher
  • Fin du mois 2 : courir 30 minutes en continu
  • Fin du mois 3 : réussir un 5 km en moins de 30 minutes

Romain a atteint chacun de ces objectifs. Pas toujours facilement — la semaine 6 a été un moment de doute majeur — mais il les a atteints.

Phase 2 : Monter en volume (mois 4 à 6)

Une fois les fondations posées, on a commencé à augmenter progressivement le volume d'entraînement. C'est la phase où le corps apprend à gérer la durée.

La semaine type

JourSéanceObjectif
LundiFooting 40-50 min (allure confortable)Endurance fondamentale
MardiRepos ou mobilitéRécupération
MercrediFractionné (30/30 ou côtes)Améliorer la VMA
JeudiRenforcement musculairePrévention blessures
VendrediReposRécupération
SamediSortie longue (1h à 1h30)Endurance longue
DimancheRepos actif (marche, vélo)Récupération active

La règle des 10%

On n'a jamais augmenté le volume de plus de 10% d'une semaine à l'autre. C'est la règle d'or pour éviter les blessures de surcharge. Ça demande de la patience, mais ça paie sur le long terme.

Le premier semi-marathon test

Au mois 5, j'ai inscrit Romain à un semi-marathon comme course test. Objectif : le terminer, peu importe le temps. Il l'a bouclé en 2h08. Pas un chrono de champion, mais une victoire immense pour quelqu'un qui ne pouvait pas courir 3 km six mois plus tôt.

« Franchir la ligne du semi, c'est le moment où j'ai vraiment cru que le marathon était possible. » — Romain

Phase 3 : La préparation spécifique marathon (mois 7 à 9)

C'est là que les choses sérieuses commencent. La préparation spécifique marathon, c'est apprendre à gérer l'effort sur la durée et à trouver son allure de course.

Les éléments clés de cette phase

  • Sorties longues jusqu'à 2h30-3h : le corps doit s'habituer à courir longtemps
  • Travail à allure spécifique marathon : trouver le rythme qu'on pourra tenir pendant 42 km
  • Nutrition en course : apprendre à s'alimenter et s'hydrater pendant l'effort
  • Gestion mentale : préparer le fameux « mur du 30ème kilomètre »

La nutrition : un pilier sous-estimé

On a complètement revu l'alimentation de Romain pour cette phase :

  • Augmentation des glucides complexes les jours de sortie longue
  • Protocole de ravitaillement en course : gels, boissons isotoniques, timing précis
  • Surcharge glucidique la semaine avant le marathon (le fameux « pasta party » a un vrai fondement scientifique)

Phase 4 : L'affûtage et le jour J (mois 10)

Les trois dernières semaines avant le marathon sont cruciales. On réduit le volume d'entraînement pour arriver frais le jour J tout en maintenant l'intensité.

La stratégie de course

On a défini ensemble un plan de course précis :

  • Km 1-10 : partir lentement, 15 secondes plus lent que l'allure cible
  • Km 10-30 : s'installer à allure cible, rester régulier
  • Km 30-35 : le moment critique, rester concentré sur la technique
  • Km 35-42 : tout donner, puiser dans les réserves mentales

Le jour J : émotions sur la ligne

Je ne vais pas te mentir : le jour du marathon, j'étais presque aussi stressé que Romain. 10 mois de travail qui culminaient en une seule journée.

Romain a suivi le plan à la lettre. Le mur du 30ème km l'a frappé, comme prévu. Il m'a envoyé un message au km 33 : « C'est dur. » Je lui ai répondu : « Tu te souviens du jour où 3 km te semblaient impossibles ? Tu as couru 33 km. Continue. »

Il a franchi la ligne d'arrivée en 4h12. Pas un chrono d'élite. Mais un chrono de guerrier. Un chrono qui représente 10 mois de travail, de doutes surmontés et de limites repoussées.

« J'ai pleuré en franchissant la ligne. 10 mois plus tôt, je ne pouvais pas courir 3 km. Ce marathon, c'est la plus grande fierté de ma vie. » — Romain

Ce que le marathon de Romain m'a appris en tant que coach

Chaque client m'enseigne quelque chose. Romain m'a rappelé que les limites sont souvent dans la tête avant d'être dans le corps. Mon rôle de coach, ce n'est pas juste de programmer des séances. C'est de croire en mes clients quand ils n'y croient plus eux-mêmes.

Ton défi pour cette semaine

Enfile tes baskets et sors courir. Pas 10 km. Pas 5 km. Juste 15 minutes. Sans pression de vitesse, sans montre GPS, sans te comparer à personne. Cours à une allure où tu peux encore parler. Si tu dois marcher, marche. Puis recours.

Fais ça trois fois cette semaine. Lundi, mercredi, vendredi. Note ce que tu ressens après chaque sortie. Je te garantis que vendredi, les 15 minutes te sembleront plus courtes que lundi.

Et si l'envie d'aller plus loin te prend — si un objectif de course commence à germer — écris-moi. On transformera cette envie en plan concret.

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